ANIMOTS : animaux et animalité dans la littérature de langue française, XXe-XXIe siècles

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Dolorès Marat : La femme crocodile (Paris, 2000)

Projet soutenu par l’Agence Nationale de la Recherche

Responsable du projet : Anne Simon

Responsable pour Écriture de la modernité-Paris 3 : Alain Romestaing

Coordinatrice:  Audrey Lasserre

Carnet de recherche du projet sur Hypothèses.org

Séminaire 2010-2011 et  2011-2012 L’animal entre sciences et littérature

Séminaire 2012-2013 Histoires de bêtes : littérature et animalité dans la littérature de langue française

  • UN RÉSEAU DE RECHERCHE INTERNATIONAL

Fondé sur un partenariat entre le CRAL (Centre de recherches sur les arts et le langage, CNRS/EHESS) et l’EA « Écritures de la modernité » (conventionnée CNRS, université Paris 3), le projet Animots (2010-2014), constitué de huit chercheurs, vise à pallier le manque d’une recherche organisée à moyen et long terme sur les animaux, l’animalité et les rapports hommes/bêtes dans la littérature de langue française des XXe-XXIe siècles. L’appartenance de trois chercheurs à des établissements britanniques et américains permettra de tenir compte des renouvellements théoriques anglo-saxons et de développer la recherche en anglais et en français.
Un séminaire pluridisciplinaire, un séminaire de recherche doctorale, deux journées d’étude, deux colloques, un congrès international et dix publications collectives conduiront à l’actualisation des réflexions en France, aux États-Unis et au Royaume Uni.

  • ACTUALITÉ DE LA QUESTION DE L’ANIMALITÉ : UN CARREFOUR DE DISCIPLINES

Les bouleversements historiques propres aux XXe-XXIe siècles ont engendré une intense activité intellectuelle sur la question de l’animal : du grand bond en avant darwinien et mendélien jusqu’aux pandémies les plus actuelles, en passant par la réification du vivant, l’extinction massive d’espèces ou les xénogreffes, la coupure anthropozoologique se trouve tantôt dramatiquement accentuée, tantôt remise en cause. De la philosophie à la biologie, en passant, pour ne citer que quelques disciplines, par le cognitivisme, l’histoire ou les sciences politiques, l’animal est envisagé comme un objet d’étude incontournable, provoquant des reconfigurations majeures du champ de la recherche : disparition de l’histoire naturelle, développement de l’écologie, de l’éthologie, de l’éthique…
Dans ce concert intellectuel, les discours et représentations propres à la création littéraire sont rarement pris en compte par une critique qui aborde l’animalité selon des axes traditionnels (analyses allégoriques ou symbolistes, études régionalistes, cantonnement à certains genres dits mineurs). Or depuis le début du XXe siècle, les écrivains sont légion à inscrire leur production dans les enjeux sociaux et épistémologiques les plus contemporains : il devient donc crucial de légitimer la question de l’animalité en études littéraires et de renouveler celles-ci par l’établissement de transversales avec d’autres disciplines.

  • UN SUJET ÉMERGENT EN ÉTUDES LITTÉRAIRES

L’animal, si « naturel » au niveau phénoménologique et existentiel, est en réalité un objet d’étude fuyant et démultiplié, construit par les chercheurs autant qu’étudiés par eux : le pluriel de l’acronyme du projet, tiré d’un néologisme créé par J. Derrida, vise à mettre en exergue le caractère réducteur du mot « animal », supposé rassembler des rapports au monde diversifiés, voire incomparables. L’acronyme rappelle en outre que la recherche se fera sur le terrain du langage critique et créatif :  on examinera quels procédés narratologiques et stylistiques peuvent rendre compte de  « mondes animaux » (von Uexküll) et de modes d’être réputés inaccessibles à l’humain, et, au niveau cognitif, si des émotions comme la projection, l’empathie ou l’anthropomorphisme, souvent propres à la démarche scripturale, sont à même de donner accès à une altérité spécique. L’inscription des textes dans leur contexte scientifique de même qu’une reconfiguration de l’histoire littéraire seront mis en œuvre à partir de la problématique de l’animalité.
Si l’animal, dont Moby Dick est le paradigme, s’avère un point de fuite pour la littérature (J.-C. Bailly), poésie et fiction, par la figuralité, n’en parlent pas moins de l’animal et pour l’animal (G. Deleuze), et apportent un savoir spécifique sur le vivant, et non pas seulement une représentation de celui-ci.

  • MEMBRES
André Benhaïm, Princeton University
Éliane DalMolin, Connecticut University
Lucile Desblache, Roehampton University
Audrey Lasserre, Université Sorbonne nouvelle-Paris 3; Coordinatrice du programme
Jacques Poirier, Université de Bourgogne
Alain Romestaing, Université Paris Descartes; responsable pour Écritures de la modernité-Paris 3
Alain Schaffner, Université Sorbonne nouvelle-Paris 3
Jean-Marie Schaeffer, CRAL / CNRS-EHESS
Anne Simon, CRAL / CNRS-EHESS; responsable du programme