Cahier du CERACC, n°4, décembre 2009 : SYNTHESES

Ce cahier existe uniquement sous cette forme électronique. Les textes en ont été rassemblés par Mathilde Barraband et Audrey Lasserre.

SYNTHESES : Perspectives théoriques en études littéraires > lire l’intégralité du Cahier n°4 en pdf

SOMMAIRE

  • Mathilde Barraband et Audrey Lasserre, « Introduction » > lire en pdf
  • Cécile DE BARY, « Des formes narratives à leurs effets » > lire en pdf
  • Mirjam TAUTZ, « La réception des romans français contemporains à l’étranger : vers un réajustement théorique ? » > lire en pdf
  • Audrey LASSERRE, « Les femmes du xxe siècle ont-elles une histoire littéraire ? » > lire en pdf
  • Mathilde BARRABAND, « Un essai d’histoire littéraire du contemporain. Autour des projets littéraires de Pierre Bergounioux et de François Bon » > lire en pdf
  • Séverine BOURDIEU, « La littérature contemporaine et les sciences humaines : emprunts et détournements » > lire en pdf
  • Petr DYTRT, « La Postmodernité comme modernité interrogée. Pour une méthode de recherche en littérature contemporaine » > lire en pdf

RÉSUMÉS DES ARTICLES

Cécile de Bary retrace l’évolution de la critique qui, depuis les années 1960, s’est progressivement tournée vers l’analyse des effets du texte. Contre la clôture textuelle (ou disciplinaire), mais également dans la complexité assumée d’une telle démarche, elle démontre que l’étude du littéraire ne peut que s’enrichir de la prise en compte conjointe de la structure, des effets et de la réception. Dans un constant dialogue avec les spécialistes de la fiction et ceux de l’œuvre de Perec, Cécile de Bary montre que, chez Perec, images (en particulier le trompe-l’œil) et imaginaire du texte, mais aussi images et imaginaires de la lecture, permettent d’exemplifier l’ensemble des questions suscitées par le glissement de l‘analyse des formes narratives à celle de leurs effets.

Mirjam Tautz analyse le processus de « transfert » des romans de Jean Echenoz, Philippe Djian et Sylvie Germain en Allemagne, depuis leur élection par un éditeur jusqu’à leur réception par le public allemand, en passant par leur traduction. Cette approche, qui marie analyses du texte et étude de ses entours, éclaire non seulement la poétique singulière de ces trois auteurs, l’histoire de la littérature française en Allemagne, mais encore le fonctionnement du champ éditorial contemporain. L’article est également l’occasion d’une mise au point sur les acquis théoriques récents de disciplines variées, qui nourrissent toute l’analyse du transfert de textes littéraires d’un pays à un autre : études de réception, études des mentalités, imagologie, traductologie, sociologie de la littérature, notamment.

Les recherches présentées par Audrey Lasserre sont issues d’une réflexion sur la théorie et la pratique de l’histoire littéraire. Elle propose de penser l’historiographie littéraire en fonction d’un de ses impensés : le genre défini comme différence de traitement du féminin et du masculin, et hiérarchisation du premier terme par rapport au second. Elle constate ainsi la sous-représentation des femmes de lettres, laquelle peut être expliquée par une réception particularisante du féminin, qui condamne a priori toute œuvre produite par une femme à être assignée aux marges (voire aux dehors) du littéraire. L’article souligne également que la représentation des productions littéraires de femmes est – encore de nos jours – informée par le sexe social de la voix auctoriale, comme en témoigne notamment l’institution du genre féminin en catégorie littéraire (romans de femmes, poésie féminine, etc.).

Mathilde Barraband propose une étude des projets littéraires de Pierre Bergounioux et de François Bon, qu’elle inscrit plus largement dans le mouvement d’une histoire de la littérature des années quatre-vingt à nos jours. Après avoir éclairé les deux entreprises d’exploration et d’aménagement du monde contemporain par la littérature, l’article propose une périodisation des œuvres. Chaque moment est placé sous le signe d’une forme littéraire particulière qui tente, à sa façon, de répondre au projet qui initie l’œuvre, la porte souterrainement, et se trouve dialectiquement infléchi par elle. De cet essai particulier de périodisation, découle une réflexion méthodologique qui interroge notamment le recours problématique aux méthodes de l’histoire littéraire pour l’analyse de la littérature contemporaine.

À partir d’une analyse de l’obsession archivistique chez Pierre Bergounioux, François Bon, Annie Ernaux, Johan-Frédérik Hel Guedj, Pierre Michon, Patrick Modiano et Jean Rouaud, l’article de Séverine Bourdieu interroge l’ethos de l’écrivain contemporain et la possibilité pour la littérature aujourd’hui de se construire comme discours de connaissance. Il tente notamment de définir le mode singulier selon lequel la littérature contemporaine bâtit et tisse le mémoriel. Quel nouveau rôle s’invente alors l’écrivain contemporain ? Quelle position son texte peut-il occuper dans le champ (ou par rapport à lui) en constant mouvement des discours sur le monde, des discours de savoir ? L’article est ainsi l’occasion de rappeler l’histoire récente des sciences humaines et sociales et leurs rapports aussi riches que complexes avec le littéraire.

Petr Dytrt revient ici sur une catégorie controversée : la postmodernité (de laquelle procède le postmodernisme). Il se propose de justifier l’institution de ce concept, issu du domaine philosophique, dans le champ des études littéraires. Dans la tension entre pensée nord-américaine et pensée européenne, tout en se référant principalement à Jean-François Lyotard, il interroge la postmodernité dans son rapport avec la modernité, entre négation d’une part et relecture critique d’autre part. C’est sous cet angle qu’il appréhende l’œuvre de Jean Echenoz, en particulier Le Méridien de Greenwich, comme anamnèse du modernisme littéraire. Cette étude monographique lui permet de conclure que, si l’on observe dans l’ensemble des productions contemporaines une renarrativisation du roman, celle-ci se fait, sous l’influence du postmodernisme, sur le mode  nécessairement ironique.

QUESTION D’IDENTITÉS

Mathilde Barraband, docteure de la Sorbonne nouvelle-Paris 3 depuis 2008, est chercheure postdoctorale au Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises à Montréal. Elle est rattachée au Centre d’études sur le roman des années cinquante au contemporain et au projet « La littérature contemporaine française à l’université : 1980-2008 » du groupe « Histoire littéraire du contemporain (HILICO) », dirigé par Marie-Odile André. Après sa thèse intitulée « Pierre Bergounioux, François Bon : la connaissance à l’œuvre. Essai d’histoire littéraire et de poétique historique », elle s’est penchée sur la théorie de la littérature des écrivains contemporains, et sur la représentation du littéraire en France et au Québec aujourd’hui. Autour de ces questions, elle a proposé plusieurs articles :

  • « La « Gaule chevelue » et « le chevalier Descartes » : le travail du cliché chez Pierre Bergounioux » dans les actes du colloque « La France » : les avatars d’un mythe littéraire, sous la direction de Marie-Odile André, Marc Dambre et Michel P. Schmitt, à paraître en 2010.
  • « Pierre Bergounioux : la sensibilité du sismographe », dans Marc Dambre et Wolfgang Asholt (dirs.), Le Roman contemporain et ses renouveaux récents, à paraître en 2010 à Tübingen (Gunter Narr).
  • « Une tentative d’épuisement de l’espace urbain contemporain », dans M. Dambre et G. Ernst (dirs.), Les Écrivains minimalistes (actes du Colloque international « Les Écrivains minimalistes », Cerisy-la-Salle), à paraître.
  • « Héritage et exemplarité. L’œuvre de défamiliarisation de Christian Prigent dans Demain je meurs », Études françaises, « Figures de l’héritier dans le roman contemporain », Martine-Emmanuelle Lapointe et Laurent Demanze (dirs.), automne 2009.
  • « Prométhée dépossédé, une lecture de Mai 68 », La Lettre, éd. Éres, n° 72, juin 2008, p. 101-105.
  • « “Reprenons une fois de plus le chemin déjà pris”, les leçons de poétique de François Bon », dans Le Mot juste, des mots à l’essai aux mots à l’œuvre, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2007, p. 75-88.

Séverine Bourdieu a soutenu, sous la direction de Dominique Rabaté, une thèse de doctorat intitulée « Proses de la mémoire. Enquête, archive et photographie dans le récit français contemporain ». Ce travail est actuellement en cours de remaniement en vue d’une publication.

  • « Un exorcisme à l’encre de Chine : L’Ascension du Haut-Mal de David B. », dans Pierre Glaudes et Dominique Rabaté (dirs.), Les Puissances du mal, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, « Modernités », n° 29, 2009, p. 455-472.
  • « Un air de famille : l’histoire familiale à l’épreuve de la mémoire et des photographies », dans Muriel Lucie Clément et Sabine van Waesemael (dirs), Relations familiales dans les littératures française et francophone des XXe et XXIe siècles, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 295-304.
  • « Le visible est à construire », communication au colloque international François Bon – Éclats de réalité, organisé par Dominique Viart (ALITHILA) et Jean-Bernard Vray (CIEREC), mars 2007. À paraître aux Presses Universitaires de Saint-Étienne.
  • « Jean Rouaud, « le faussaire habile » », à paraître dans une monographie consacrée à Jean Rouaud aux Presses Universitaires de Lyon, collection « Lire », début 2010.
  • « Le passé en pièces détachées », dans Pierre Glaudes et Dominique Rabaté (dirs.), Deuil et Littérature, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, « Modernités », n° 21, 2005, p. 393-412.
  • « La photographie dans le cycle romanesque : une archive subjective ? », dans Sylvie Ducas (dir.), Jean Rouaud. Les fables de l’auteur, Angers, Presses Universitaires d’Angers, 2005, p. 57-71.

Cécile De Bary a soutenu en 2002 une thèse dirigée par Philippe Hamon, intitulée « Image, Imagination, Imaginaire dans l’œuvre de Georges Perec ». Elle est depuis 2004 maîtresse de conférences à l’université de Nice-Sophia Antipolis.

  • Le Cinématographe (dir.), Cahiers Georges Perec, n° 9, 2006.
  • « Jean-Patrick Manchette, un auteur hors série ? » (dir.), Temps noir, n° 11, mai 2008, p. 153-222. Actes de la journée d’études du 9 février 2008 (CÉRACC et Bilipo).
  • « Entre contraintes et protocoles : Édouard Levé », Formules, n° 13, Actes du colloque La Forme et l’Informe dans la création moderne et contemporaine organisé du 11 au 18 juillet 2008 au château de Cerisy-la-Salle, 2009, p. 83-95.
  • « Le réel contraint », Poétique, n° 144, novembre 2005, p. 481-489.
  • « L’intervention du vrai dans le pacte fictionnel : les invraisemblances de Raymond Queneau », Revue des Sciences humaines, n° 280, Le Vrai et le Vraisemblable, rhétorique et poétique, dir. Yves Le Bozec, octobre 2005, p. 117-130.

Petr Dytrt est maître de conférences à la Faculté de Lettres et Philosophie de l’Université Masaryk (Brno, République Tchèque). Il a soutenu en 2005 une thèse de doctorat sous la direction de Jacques Poirier, intitulée « Le (post)moderne des romans de Jean Échenoz. De l’anamnèse du moderne vers une écriture du postmoderne ».

  • Le (post)moderne des romans de Jean Echenoz : de l’anamnèse du moderne vers une écriture du postmoderne, Brno, Masarykova univerzita, 2007, 216 p. http://is.muni.cz/publikace/publikace_simple.pl?lang=en;uco=9714;id=720074
  • « La remémoration chez Jean Rouaud : de la recomposition d’une mémoire familiale au roman à la mémoire nationale (Remembering in Jean Rouaud’s novels from recomposing of family memory to novels od national memory) », dans Famille et relations familiales dans les littératures francaise et francophone, Bratislava, Slovak Academic Press, 2008, p. 249-260.
  • « La Modernité : quelques remarques en marge de la constitution d’une notion paradoxale (Modernity: a few comments on a paradoxal notion) », Études romanes de Brno (Brno : Masarykova univerzita), 66, 28, 2007, p. 83-98.
  • «  »Tel Quel » et Nouveau Roman. Deux exemples de tolérance dans la littérature française de la seconde moitié du 20e siècle (« Tel Quel » and Nouveau Roman. Two Examples of Tolerance in French Literature of the 2nd half of the 20th cent. », Sens Public (Lyon), 2007, 03, p. 1-9.
  • « Condition postmoderne de la bibliothèque échenozienne (Postmodern condition of Jean Echenoz library), dans Marie-Odile André et Sylvie Ducas (dirs.), Écrire la bibliothèque aujourd’hui, Paris, Electre-Éditions du Cercle de la Librairie, 2007, p. 133-140.
  • « Une esquisse du jeu citationnel dans les romans de Jean Echenoz (Intertextual games in Novels by Jean Échenoz) », Transferts littéraires, linguistiques et culturels, Varšava, Centre de Civilisation Française et d’Etudes Francophones à l’Université de Varsovie, 2005, p. 142-151.

Audrey Lasserre a été allocataire de recherche et attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université Paris 3-Sorbonne nouvelle, puis directrice de l’Institut Supérieur de Formation au Journalisme. Elle enseigne dans plusieurs programmes d’universités américaines à Paris tout en achevant un doctorat d’histoire littéraire sur les féminismes littéraires des années 1970. Elle est également membre du groupe « Histoire littéraire du contemporain (HILICO) », dirigé par Marie-Odile André. Articulant ses recherches sur l’histoire littéraire à celles qu’elle mène sur les genres (sexes sociaux), elle a récemment proposé plusieurs contributions :

  • Nomadismes des romancières contemporaines de langue française, Paris, Presses Sorbonne nouvelle, 2008, en codirection avec Anne Simon (CNRS).
  • « Les femmes ont-elles une histoire littéraire ? », numéro 7 de la revue LHT-Fabula, sous sa direction, à paraître en janvier 2010.
  • « Qu’est-ce qu’une histoire de la littérature française ? », in actes du colloque « La France » : les avatars d’un mythe littéraire, sous la direction de Marie-Odile André, Marc Dambre et Michel P. Schmitt, à paraître en 2010.
  • « Genre / Gender, conjonctions et disjonctions », modération et édition d’une table ronde réunissant Catherine Nesci, Christine Planté et Martine Reid, in actes du colloque La littérature en bas-bleus, sous la direction d’Andrea del Lungo et Brigitte Louchon, à paraître en 2010.
  • Une trentaine de notices consacrées à des écrivaines du xxe et xxie siècle, à paraître en 2010 dans Le Dictionnaire des créatrices, sous la direction de Mireille Calle-Gruber et Béatrice Didier aux Éditions des Femmes.
  • « La Disparition : enquête sur la “féminisation” des termes auteur et écrivain », in Le Mot juste, sous la direction des jeunes chercheurs du CERACC, Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007, p. 51-68.

Mirjam Tautz a été Attachée temporaire d’enseignement et de recherche au département de Littérature Générale et Comparée de l’Université de Provence (Aix-Marseille I) entre 2004 et 2006, et est membre de l’équipe de recherche « Histoire des traductions en langue française » de l’Université Paris-IV. Elle a soutenu en 2006 une thèse de doctorat en Littérature générale et comparée à l’Université Paris-IV, sous la direction d’Yves Chevrel : « Transferts du roman français contemporain. Jean Echenoz, Philippe Djian et Sylvie Germain en Allemagne (1986-2004) ». La publication de cette thèse est prévue aux éditions Niemeyer à Tübingen.

  • « Sarah Kirsch », dans Dictionnaire des femmes créatrices (à paraître en 2010 sous la direction de Mireille Calle-Gruber et Béatrice Didier aux Éditions des Femmes.)
  • « Jean Echenoz en Allemagne : édition et réception », dans M. Dambre et G. Ernst (dirs.), Les Écrivains minimalistes (actes du Colloque international « Les Écrivains minimalistes », Cerisy-la-Salle), à paraître.
  • « Transferts littéraires contemporains : Jean Echenoz et Sylvie Germain en Allemagne », Roman 20-50. Revue d’étude du roman du XXe siècle, n° 44, décembre 2007, p. 151-164.
  • « La migration comme critère dans la réception de Milan Kundera et d’Andreï Makine par la presse française », dans Ursula Mathis-Moser et Birgit Mertz-Baumgartner (dirs.), La Littérature « française » contemporaine. Contact de cultures et créativité, Tübingen, Gunter Narr, 2007, p. 73-87.
  • « Livre audio – Hörbuch : un nouveau public pour la littérature française en Allemagne ? Questions d’adaptation et de réception », dans Chris Rauseo, Karl Zieger et Arnaud Huftier (dirs.), Correspondances : vers une redéfinition des rapports entre la littérature et les arts, Valenciennes, Presses Universitaires de Valenciennes, 2007, p. 575-582 (sur CD-ROM).
  • « De l’identité à l’exotisme dans une perspective de transfert (l’exemple de quelques romans français en Allemagne) », dans Fridrun Rinner (dir.), Identité en métamorphose dans l’écriture contemporaine, Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, 2006, p. 231-239.

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